Voies vertes La france à vélo

1 mois !  1 mois que je suis parti. Déjà !!! J’ai perdu la notion des jours, des dates, …  Les journées sont courtes, intenses, et à chaque jour son aventure et son lot de surprises.

C’est officiel, je fais partie de la famille de Tom.  7 jours qu’on glandouille sur Tours. Nos journées sont rythmées par les siestes, les gouters, et les repas en famille. Mais j’ai les jambes qui frétillent. J’ai envie de remonter sur ma selle, de continuer le voyage. Tom aussi, tant mieux. On a choisi l’itinéraire pour sortir de France : suivre la Loire à vélo jusqu’à Nantes, et longer la côte par la Vélodyssée jusqu’en Espagne. La France à vélo par les voies vertes.

Samedi 1er Novembre, on remonte sur nos montures d’acier. On subit un peu les excès de la veille. On a fait la fête chez une pote à Tom, couché à 4h30. Mais qu’il est bon de reprendre la route. 3 jours de « Loire à vélo », au calme. On suit le lit de la Loire, entre pistes cyclables, chemins et petites routes. En mode pilote automatique. C’est super bien fléché, pas besoin de carte. La dernière étape  est et restera mémorable.  110km sous une pluie non-stop pour rejoindre Nantes. On arrive trempés jusqu’aux os chez les gars de France Vélo Tourisme, Florent et Nico. C’est assez fun de rencontrer en vrai des gens que j’ai quasi tous les jours au téléphone pour le taf.

La dernière étape  est et restera mémorable.  110km sous une pluie non-stop pour rejoindre Nantes


 

On rejoint rapidement l’océan, et on change de cap : plein Sud. Toujours en voie verte  mais on roule désormais sur la Vélodyssée. Changement radical de paysage, l’océan à droite et les forêts à gauche. La pluie est toujours là. On bouffe minimum 3 grosses averses par jour. Mais j’aime bien cette ambiance, l’océan est déchainé, des vagues énormes, les forêts de pin, l’odeur de l’iode dans l’air. Chaque jour sa belle rencontre : Hans Weber, un suisse-allemand de 65 ans qui voyage à vélo, Florian de l’office de tourisme de Notre Dame de Mont qui nous fait inviter chez ses parents pour une bonne nuit au sec. Gizou & Phillipe, la cousine de mon père qui nous coucoune pendant 2 jours sur la Rochelle.

Maintenant on est 3

« Hé » On nous interpelle. C’est Gaétan, alias Tatane, 22 ans. Il voyage aussi à vélo, et finit tout juste de ranger son campement. On a bivouaqué 100m plus bas. Il est parti de Nantes et va en direction Gibraltar. Hop validé, maintenant on roulera à 3. On a tous la même envie, sortir rapidement de France et retrouver le soleil. On roule vite, on roule fort, de grosses journées de vélo à un rythme soutenu.  On prend aussi le temps de profiter entre 2 averses : le passage de Gois, les plages de surfeurs,  la dune du Pilat, Biarritz, … Ou qu’on aille, on est complément seuls. La côte Ouest est vide, vidée de ses touristes et de ses commerçants. C’est calme, paisible, presque flippant. J’ai tellement de bons souvenirs par ici. Les landes en camping-car avec mes parents, le club de Vieux-Boucau où j’allais avec mes grand parents, Ondres plage avec les potes.





Après 1629km, on passe enfin la frontière,  « Bienvenido en Espana ». Comme convenu sortie de France égale nouvelle coiffure. On sort la tondeuse, coupe à la Giroud plus ou moins ratée pour tout le monde. On le savait, fini le plat. On est dans les Pyrénées. C’est les montagnes russes. On monte, on descend, on monte, on descend. Nos débuts espagnols sont plus difficiles que prévu. Pas tant à cause des dénivelés, c’est surtout dû à la pluie, incessante, qui nous suit toujours. 2 semaines qu’on essuie averses sur averses. Pas un jour sans. C’est vraiment rude de remettre les affaires encore mouillées de la veille tous les matins. Sans parler du non-accueil des espagnols. On sent qu’on dérange, on est dévisagés, pas un bonjour, pas un sourire. Les voitures nous frôlent ou nous klaxonnent. Pourtant on met du cœur à l’ouvrage, on lance des grand « Holà », on essaye tant bien que mal de parler espagnol mais non. Mais ne pas généraliser, c’est simplement une première impression. Espagne je compte sur toi pour te rattraper.

On atteint Bilbao le 18 novembre et sous le soleil svp. Déjà 1 mois qu’on est sur les routes, le temps passe tellement vite. Bilbao restera gravé dans nos mémoires, entre belles rencontres et grosses galères pour tout : dormir, se faire comprendre, les vélos, …

Ce soir on prend le bus direction Ourense, sur la côte Ouest espagnole. On est en retard sur notre « planning », et ma mère nous attend le 11 décembre à Séville. Alors oui on triche un peu, mais on n’a pas envie de courir après les kilomètres, et on a tous envie de profiter un maximum du Portugal.

 



Les anecdotes

 

  • Nouveau record de vitesse : 61.90 km/h .
  • On est dans le collimateur des flics espagnols, déjà 5 remises à l’ordre.
  • Contraint et forcé par la météo, j’ai acheté un pantalon de pluie.
  • On est très très mauvais en espagnol. En fait on est pire que mauvais, on comprend que dalle.