Vent de face Les 7 premiers jours

Vendredi soir, 23h00 ! Au loin on aperçoit les lumières de Tours, on roule de nuit, déjà 150 km au compteur. On y est presque, notre premier petit exploit du voyage. Retour sur notre première semaine de vélo.


Quoi de mieux pour finir cette première journée qu’une bonne bière à se partager, haut perché sur un silo de paille, entouré d’un beau ciel étoilé. Et c’est toujours à 5 qu’on entame cette deuxième journée. Simon & Laurent, 2 étudiants Lillois qui roulent vite et Alban (alias Pierre Richard), le poissard du groupe. Alala Alban … c’est le genre de mec qui te fait rire sans le vouloir, il annonce la journée idéale : soleil, vent de dos, du plat et forcément c’est l’inverse. Et il y a aussi le vélo d’Alban, là encore une sacrée blague. Obligé de s’arrêter pour changer les vitesses à la main, le guidon qui part en vrille, les pneus à plat, … Ambiance garantie.

Le soleil des 2 premiers jours laisse place aux nuages noirs, à la pluie et même à quelques grêlons. Mais surtout au cauchemar des cyclo-voyageurs : l’ennemi invisible, le bon vieux Éole. Et on est gâtés, on l’a en pleine poire. Petit pignon, on mouline, on peine à dépasser les 10km/h, bloqués à 13km/h dans les descentes. Les premières côtes font aussi leur apparition. Les cuisses chauffent, les mollets tirent. Nos vélos sont lourds, on le ressent bien et même après un premier tri, c’est avec 40 kg de bagages qu’on avance. On ne roule donc pas bien vite, mais on se marre bien. Il y a une super ambiance, c’est vraiment agréable d’être tous ensemble. On est accueilli à bras ouverts par les parents d’Alban, et 2 jours plus tard par Paulo, Laetitia et leurs 3 enfants, une famille de cyclotouristes. Des supers moments !!!


 

 Petit pignon, on mouline, on peine à dépasser les 10km/h




 

Au bout de quelques jours, c’est les « au-revoir ». Me voila seul avec Tom. Et c’est au son des Black Keys et des Arctic Monkeys qu’on reprend la route (Tom a installé une enceinte sur son vélo). Plein Sud, direction Tours. La famille de Tom nous y attend pour 1 semaine de détente (oui déjà, et alors). La bonne ambiance est toujours là, nos journées s’organisent, les paquets de gâteaux et bonbons descendent à bon train, toujours pas un rayon de soleil à l’horizon, mais il ne pleut plus et le vent à réduit. On coupe à travers champs, de petite route en petite route. C’est assez monotone, tout se ressemble, j’avoue que les montagnes me manquent en peu. Les journées sont un peu courtes, on décolle rarement avant 10h30, et le soleil se couche de plus en plus tôt. C’est donc à la frontale qu’on doit installer notre bivouac du soir. On a instauré la douche obligatoire avant d’aller se coucher : un demi litre d’eau chaude, un savon de Marseille et un gant de toilette. Contrairement à ce qu’on peut penser, les nuits ne sont pas trop fraîches, on est bien au chaud dans nos duvets. Je dirais même qu’on dort plutôt bien.




Vendredi 24 Octobre

Ce matin on a mis le réveil à 7h, on veut tester une nouvelle formule pour coller avec les journées de plus en plus courtes. Se lever tôt et préparer le repas du soir le midi. Le but est de pouvoir rouler un peu plus, mais aussi d’avoir plus le temps pour discuter avec les gens, faire plus de photos et de vidéos, … Profiter plus de la journée tout simplement. Et la formule s’annonce payante, à midi déjà 50km, on veut rouler un maximum aujourd’hui pour arriver tôt demain sur Tours. La journée est idéale pour rouler, c’est plutôt mignon, on traverse de jolis villages médiévaux, c’est roulant et le soleil fait même son apparition en fin d’après-midi. On veut en profiter au maximum. On assiste à un super couché de soleil, toujours bien assis sur nos vélos. Une idée est en train de germer en nous. Dormir à Tours ce soir ? On est encore loin. Mais on à envie de créer l’exploit. On avale vite fait un bol de pâtes et on s’élance à nouveau dans la nuit noire des petites routes. On fuse dans l’obscurité, jamais on a roulé aussi vite. On est super motivés, limite euphoriques. On veut réussir le défi qu’on s’est fixé. Le peu de voitures qu’on croise doivent vraiment se demander ce que font 2 clampains à vélo, dans le noir avec une pauvre frontale et des roues clignotantes pour s’éclairer. Plus que 50 km, 40km, …

On arrive finalement à Tours sur les coups de 23h30, après une journée de 168 km et 10h30 passées sur le vélo. On est fiers de nous. Fiers de cette première semaine, de nos premiers 600 km. On a prévu de repartir samedi 1er novembre direction l’Espagne et le Portugal.

 

Les anecdotes de la semaine

  • Alban à regonflé son pneu 13 fois sur 15km
  • Je ne sais pas comment ni pourquoi mais j’ai tout bloqué mon dérailleur 1 fois
  • Tom est tombé 4 fois, dont une vraiment belle avec réception « roulade de judo »
  • On a mis en rogne un barman en lui demandant de l’eau gratuite
  • J’ai failli mettre le feu et tout faire exploser avec le brûleur à essence (à utiliser avec précaution)

 

On s’élance à nouveau dans la nuit noire des petites routes !!!