Un brin de vacances Thaïlande et Cambodge

L’aventure en trio est terminée, une nouvelle en duo commence. Julien, mon cousin, vient se joindre à moi pour 3 semaines à la découverte de l’Asie du Sud-Est.

Après plus de 12 000 km et 16h d’avion, et me voilà désormais sur le continent asiatique. Après quelques jours de repos, et d’acclimatation, je quitte déjà « La ville des anges », autrement appelée Bangkok. L’appel des petites routes et des campagnes est trop fort. Julien, mon cousin, roule en tête, fièrement assis sur son vélo d’occasion trouvé 2 jours plus tôt. On s’extirpe tant bien que mal de cette mégalopole de 8 millions de personnes. En théorie la législation du pays impose de rouler à gauche, mais en théorie seulement…. Mais que j’aime ces moments, se faufiler entre voitures et camions à l’arrêt, éviter les nuées de scooters qui arrivent dans tous les sens, …

On met 2 jours à vraiment sortir du brouhaha de la ville, pour le calme des campagnes. On traverse des paysages de « France », campagnes du Nord, forêts Landaises, mais aussi de nombreux villages sur l’eau bien d’ici. La sympathie des thaïlandais marque aussi nos premiers jours, le sourire est sur tous les visages que l’on rencontre, et les invitations à dormir se succèdent. A mon grand bonheur, on peut manger partout. On trouve de tout, tout le temps : sucré, salé, épicé, il y a le choix et à des prix dérisoires. Je me régale à longueur de journée. L’Est de la Thaïlande est relativement plat et on avance vite et je passe le cap des 5 000Km. Tant de chemin déjà parcouru et tant d’autres à venir.

 

 

Tant de chemin déjà parcouru et tant d’autres à venir.




 

« C’est les vacances », on fait le détour par Kokut, une île paradisiaque à taille humaine, plage de sable blanc, cocotiers, massage vu sur la mer et bungalow les pieds dans l’eau. On a même troqué les vélos contre un scooter. Je suis à mille lieues de mon quotidien de voyageur, un brin de vacances dans mon voyage.

Le moteur ronronne bruyamment et crache sa fumée noire dans la nuit. Le poids des années de labeurs se fait ressentir sur notre embarcation en bois. Il en est de même pour notre capitaine, qui nous installe dans sa cabine. A même le bois, bloqué sous 50cm de hauteur sous plafond, je m’endors bercé par les vagues de l’océan indien, les odeurs de fuel et de cigarette. Notre petit bateau de pêche a quitté le petit village de pêcheurs de Kokut et navigue doucement mais sûrement en direction de la frontière Cambodgienne. Et dire que 2 jours plus tôt on nous disait : « Impossible !! Les pêcheurs ne parlent pas un mot d’anglais, ou alors que ça serait très cher ».





Histoire de reprendre en beauté, on s’est fixé un nouveau défi, passer par la Jungle de Cardamone. Encore une fois, on nous dit que c’est impossible. Mais un chemin semble se profiler sur ma carte, et les Solidream l’ont emprunté 2 ans avant nous. On sait à quoi s’attendre, ça sera dur. Premier jour de mise en jambes, piste en terre rouge entourée par la végétation. C’est vraiment agréable de rouler ici. C’est la saison sèche, la température peut grimper jusqu’à 32° mais la forêt refroidit l’air. On passe un village isolé en début d’aprem qui permet le ravitaillement des villages plus reculés dans la jungle. Il marque aussi la fin de la piste pour les 4×4. La piste s’est rétrécie, et devient de plus en plus impraticable, en mode VTT. On traverse aussi des rivières sur des tout petits ponts en bois : une planche pour la roue, une autre pour les pieds On croise pourtant des scooters surchargés de bouffe et autres, ils sont dingues ces cambodgiens. Mais que doivent-ils penser de nous, à pousser nos vélos autant chargés qu’eux, le moteur en moins…

Au cœur de la Jungle Cambodgienne

On arrive en fin d’aprem dans un petit village perdu au milieu de rien. Bonne surprise une rivière nous y attend pour un bain bien mérité. On repart le lendemain matin, au lever du jour. La journée difficile est pour aujourd’hui. La piste est devenue chemin, nos coudes touchent de chaque côté. On s’enfonce de plus en plus dans la jungle. On l’entend, elle aussi se réveille. Impossible de dire ce qui nous entoure, mais une chose est sûre on n’est pas seuls. Ca grimpe de plus en plus. Impossible de rouler, il faut pousser les vélos. A bout de bras, dans la caillasse, le sable et la terre friable, on lutte pour avancer. On met plus de 8h pour parcourir les 40kms. C’est fiers mais extenués qu’on atteint le village de Chi Phat. Quelle journée intense, une expérience qu’on n’est vraiment pas prêt d’oublier.

 

 

 

 

 

On met plus de 8h pour parcourir les 40kms









  

On entre déjà dans la dernière semaine pour Julien, alors c’est en stop qu’on rejoint la côte. Nos derniers jours de pédalage sont marqués par la rencontre de Pim. Un jeune pêcheur de 21 ans, qui nous invite à découvrir son mode de vie. C’est en compagnie de son petit frère qu’on embarque pour une nuit en mer. On avance à contre-courant. La petite barque en bois de Pim, à l’origine pas stable, tangue d’avant en arrière. Mais Pim est expérimenté, et sais comment prendre les vagues. Son frère fait contrepoids, debout sur l’avant du bateau. Nous on ne bouge pas, de peur de tomber. Après un bon repas, Pim et Phaï se mettent à l’œuvre. La première moitié de la nuit consiste à pêcher le calamar, ensuite c’est pêche traditionnel. On aide comme on peut, Julien remonte même un petit poisson. La pêche de la nuit a été maigre, mais Pim nous explique que « des fois il y a beaucoup, des fois non, c’est la vie ». Malgré tout, il garde le sourire. Il est heureux de nous faire partager ça. Au petit matin, il faut encore remonter les 30 nasses disséminées sur le chemin du retour. On regagne la terre ferme après plus de 15h en mer. Alors qu’on repart sur nos vélos, Pim et Phaï partent se coucher. Ce soir ils retourneront pêcher en mer, comme tous les soirs.

On arrive à Phnom Penh le 31 Janvier. Dans quelques jours Julien s’envole pour la France. Pour moi un nouveau départ, en solitaire, aussi en direction de la France, mais à vélo.





Les anecdotes

  • J’ai assez vite initié Julien au non-port du casque.
  • Avec ses 36 ans, il tient la forme le cousin. D’ailleurs il était (trop) souvent devant dans les montées.
  • En entrant dans la jungle on nous a mis en garde contre les éléphants, mais personne n’a su nous dire quoi faire si on en croisait…
  • Mauvaise nouvelle : je me suis fait voler mon appareil photo, ma go pro et mon liquide. Il me reste toujours mon passeport, ma carte bleue et le plus important mon vélo, le voyage continu.