Sur le fil des 4000 Chine

On prend de la hauteur pour découvrir une Chine rurale et authentique, au cœur des paysages grandioses des contreforts de l’Himalaya. No pain, no gain !!!

Rien de mieux que le bus chinois pour motiver à rouler. Bloqué pendant 20h sans eau ni nourriture, pour faire seulement 900km. On s’accorde 1 jour de récupération avant de quitter Chengdu et ses 14 millions d’habitants. C’est juste 5 fois la population de la Lituanie. On commence à être habitués à sortir des villes : zigzaguer entre les marrées de scooters, de piétons, et de voitures. Et très vite on se retrouve sur une jolie route, qui remonte les gorges du Saut du Tigre. On rattrape « Lou » alias « Chinese Guy », un jeune chinois qui débute dans le voyage à vélo. Il nous rappelle à tous nos débuts. Il galère avec tout, manque d’organisation, fatigue dès les premiers jours… Mais il est motivé et apprend vite. Comme la grosse majorité des chinois, il ne parle pas anglais, on discute par smartphones interposés. Il est désormais notre dictionnaire mobile.

Sans vraiment s’en rendre compte, chaque jour on prend de l’altitude. Et pourtant l’air se refroidi, l’oxygène diminue, les villages se raréfient. En quelques jours on passe de 500m à plus de 3000m. Chaque soir, notre dictionnaire mobile s’active à nous trouver un endroit au chaud pour passer la nuit : tour de garde abandonnée, temple, ou au coin du feu chez des locaux.

 

  L’air se refroidi, l’oxygène diminue, les villages se raréfient.




 

Les fanions multicolores ballotent au gré des rafales de vents. Ils annoncent le col. 3840m, aucun d’entre nous n’est jamais allé aussi haut, et on vient de le faire à vélo. On ne s’attarde pas, le prochain village est à 65 km, et le temps change très vite à cette altitude.

Souffrir pour être belle

Et c’est le cas de le dire. Au petit matin, la neige a fait son apparition… L’hiver aura finalement réussi à me rattraper. Il fait froid, les câbles de frein et les vitesses sont gelés, la route est glissante et il nous faut pousser dans les montées. Et pourtant aucun d’entre nous ne râle, subjugués par ces paysages à la fois grandioses et hostiles. On roule chacun à notre rythme, perdus dans nos pensées. Je sais qu’il y a très peu de chances que je revienne ici un jour, alors je profite, tout simplement. On roule pendant 5 jours sur ces hauts plateaux à plus de 3000m, entourés par les montagnes, les yaks et … les chiens.





Chaque jour on subit 3 à 4 attaques de chiens de troupeaux, des « Dogues du Tibet » pour être exact.  Ils sont énormes et très agressifs. Ils débarquent de nulle part, comme des balles, énervés par le mouvement du pédalier. Ils sont aussi très rapides et impossible à semer, d’ailleurs Marshall en fait les frais, et dans une moindre mesure mon drapeau français et la sacoche arrière de Tom. Une seule solution pour éviter les coups de dents, freiner d’un coup sec, descendre, se protéger derrière son vélo et marcher doucement en s’éloignant. A plusieurs reprises, des voitures viennent à notre rescousse, fonçant et klaxonnant sur l’animal pour le faire partir. Bref de jolies frayeures.

Chaque bonne chose à une fin, et petit à petit on redescend. Notre route et celle de Chinese Guy se séparent, il a la chance de pouvoir aller au Tibet. Privilège accessible uniquement aux Chinois pour le moment. De notre côté on roule plein Est, en direction du Kazakhstan. Mais le chemin est encore long, plus de 2500km.

 




Les anecdotes

  • Tunnel terrifiant chinois suite : 5315m sans lumière sur l’autoroute
  • Journée record de 191 km
  • Description du « Dogue du Tibet » trouvée sur wikipedia : Très indépendant et très protecteur, un gardien qui ne laissera rentrer personne sur son territoire, même pas vos amis ou famille, sans votre présence. L’une des races les plus puissantes. À ne pas mettre dans les mains de personnes sans grande connaissance des chiens de protection.
  • J’ai passé le cap des 10.000 km