Montée, plat, descente. Bom viagem au Portugal

Rejoindre le Maroc à vélo est un itinéraire presque classique, mais trop peu de cyclotouristes font le détour par le Portugal.  Retour sur un pays injustement boudé par les voyageurs à vélo

 

La chaussée se rétrécie et l’état de la route se dégrade brutalement. On est dans la réserve naturelle de Gerès, tout au nord du Portugal. Le changement est radical. L’automne s’est emparé de la forêt, les couleurs sont magnifiques. On avance au rythme des dénivelés portugais. On monte fort, pour descendre fort. De montagne en montagne, de lac en lac, de forêt en forêt, on est charmé par ces paysages. Par contre la pluie continue de nous suivre, à chaque jour son averse…

On passe seulement 2 jours à Porto, car on veut profiter au maximum des côtes portugaises. Quand je dis profiter, je ne parle pas de glandouiller. Au contraire nos journées de vélos sont longues, on avale du kilomètre et du dénivelé pour en voir le maximum. On découvre un Portugal authentique et auquel je ne m’attendais pas : les lavoirs collectifs, la pèche à l’ancienne, les papis sur leurs vieilles motos, …

On est charmé par ces paysages.




 
Aucun de nous ne parle la langue, mais la sympathie des portugais suffit à les comprendre. Les anciens parlent Français, les autres parlent lentement, dessinent, font des gestes. Sur la route les encouragements des automobilistes font toujours chaud au cœur. On nous avait prévenu mais ici les gens ne sont pas habitués aux vélos, les voitures nous frôlent. Pour vous dire, un mec à même réussi à toucher nos sacoches. Mais ce n’est pas par méchanceté, juste par maladresse.  On continue notre descente vers le Sud, le long de l’océan. Le soleil est revenu. Plus on descend et plus on se rapproche de ce qu’on était venu chercher. Les falaises surplombent l’océan, les vagues viennent s’écraser contre les rochers, on en prend plein les yeux.

Alea du voyage

On arrive à Lisbonne le 30 novembre. Il était temps. Mon vélo a souffert, souffert de l’état des routes. Les nombreux trous, nids de poules et routes pavées auront eu raison de mes freins avant, mon dérailleur,  mon boitier de pédalier et depuis ce matin ma sacoche de guidon et mon porte bagage avant. On passe 2 jours dans cette superbe ville. Mais 2 jours c’est peu pour tout visiter. C’est tout le paradoxe de notre voyage, on a le temps mais il faut faire des choix car on n’a pas non plus le temps de tout voir, tout faire.


Et surprise, c’est sans Tom qu’on reprend la route. Il doit rester à l’hôpital pour des  problèmes de santé. Mais pas d’inquiétude, il  nous rejoint 2 jours et 240 km plus tard à Aljezur pour notre dernière semaine portugaise. On ne râle presque plus de voir une montée après chaque descente, c’est comme ça depuis le début. Ca réchauffe les matins car les nuits sont fraîches, et puis il y a la carotte pour nous faire avancer. On n’est jamais déçu, on fait le détour par Sagres, la pointe Sud-Ouest du Portugal, une journée pause-baignage-BBQ bien méritée à Burgo et le dernier coup de cœur du Portugal : les falaises d’Alvor, une baie d’Halong miniature.

On fonce maintenant vers Séville. Ma mère, ma sœur et mon frère doivent nous y rejoindre pour un weekend prolongé qui s’annonce déjà fort en retrouvailles. On va y passer 4 jours, 4 jours pour se requinquer avant le Maroc.


Les anecdotes

 

  •  Nouveau record de vitesse : 77.90 km/h .
  • On a dormis 5 fois chez les bombeiros (les pompiers espagnols)
  • Depuis le début du voyage on donne des prénoms à toutes les personnes que l’on croise, en vrac sur le portugal:  Jaxier, Sgt Garcia, Martinez, Manuel, Pedro, Ramon, Lopez, …
  • Décidément l’Espagne ne veut pas de nous: je me suis fait klaxonner 150m après la frontière Espagnol. Et la petite cerise sur le gâteau, on s’est pris 200€ d’amende chacun pour non-port du casque. Bien évidemment on ne les paiera pas!!