Haut les mains !!! Des bicyclettes au Maroc

J’ai quitté l’Europe. Nouveau pays, nouveau continent, nouvelle monnaie, nouvelle culture, nouvelle religion. Je suis au Maroc.

Je n’ai pas trop envie de m’étendre sur l’Espagne. Pourquoi ? Tout simplement car les espagnols nous laissent un gout amère. Pas aimables voire désagréables, trop de klaxon sur la route, d’ennuis avec la police, … Il y a bien eu 4 jours extras sur Séville, avec ma famille, mais je préfère garder ce moment pour moi.

Le ferry nous emmène de Tarifa en Espagne à Tanger au Maroc. Un coup de tampon sur nos passeports, et nous voilà au Maroc. J’en ai des frissons. Tanger est la 5ème plus grande ville du Maroc, et surtout la porte d’entrée pour des milliers de touristes. On sort à peine du port que déjà on nous aborde : « Hôtel ? Camping ? Babouches ? Carte de la ville ? Hashich ? ». On n’a trouvé personne pour nous héberger sur Tanger, il nous faut sortir de la ville avant la tombée de la nuit. On se glisse dans le trafic, on se faufile dans les bouchons à l’affût de tout. Taxis, camions, bus, voitures, scooters, âne, calèches, piétons, il y a du monde partout. C’est drôle, stressant, excitant, nouveau. On sort rapidement de Tanger, par une 2×2 voies. J’ai vraiment hâte de découvrir ce pays que j’aime déjà.

 

J’ai vraiment hâte de découvrir ce pays que j’aime déjà.




On quitte rapidement la grande route pour des petites routes de campagne. C’est beau, montagneux, très vert. Je ne m’attendais pas du tout à ce type de paysage. On change nos habitudes, notre budget journalier nous permet désormais quelques petites folies. Pause thé à 10h, et resto le midi. Tagine, couscous, boulettes de viande, poulet/frites, … On se régale. Mais une chose nous marque particulièrement : l’accueil. Tout le monde nous salue, nous sourit. 1 voiture sur 3 nous fait des signes, pouces en l’air, encouragements, c’est dingue. On roule la moitié du temps une main sur le guidon et l’autre en l’air.  A chacun de nos arrêts on vient nous voir, pour nous souhaiter la bienvenue, savoir si tout va bien, discuter un petit peu, nous inviter boire le thé. Deuxième jour au Maroc, ça grimpe. Amine nous fait signe de s’arrêter : « Venez, venez !!! Faites une pause, je vous offre le thé » On passe plus d’une heure avec lui à discuter et se marrer autour d’un excellent thé à la menthe fait maison. Notre première invitation d’un longue série. On est même parfois obligé de refuser, car il faut aussi qu’on avance.

Dans les montagnes du moyen Atlas

On dépasse la ville de Meknès. Encore une fois on n’a trouvé personne pour nous héberger. Plus de 8 jours qu’on roule sans arrêt. Je rage. On voulait tous se poser, visiter cette ville. Mais avec les vélos c’est impossible. Autant on n’hésite pas une seconde à laisser les vélos sans surveillance dans les campagnes, autant en ville, et on nous l’a confirmé, c’est impossible. Trop compliqué et trop risqué. Mais on est tous motivés par le nouveau défi qui s’offre à nous. Meknès est aux portes de l’Atlas, on entre désormais dans les montagnes.

On oscille entre 900m et 1400m depuis plusieurs jours, toujours sur de petites routes. Ce qu’on monte, on le redescend et inversement. On sue à grosses gouttes dans les montées, torse nu short et tongues de rigueur. Au contraire les nuits sont très froides, la température descend en-dessous de 0 et la tente se couvre de givre. Nos journées sont difficiles, mais c’est tellement beau. On navigue dans un océan de couleurs : les arbres verts, la terre jaune, orange, les montages du haut Atlas blanches de neige, le ciel bleu et sans nuage.






Et plus que les paysages, il y a les rencontres. Tous les soirs on est accueillis, pour planter la tente, ou pour dormir au chaud. On partage toujours un thé, du pain et de l’huile, et parfois le repas. On est chez les berbères, les gens des montages. Certains ne parlent pas un mot de Français. Mais le dialogue passe pas les gestes, les regards, les sourires. Ce qu’on vit là est unique.

On arrive à Marrakech le 31 décembre, pour fêter la nouvelle année comme il se doit. On  y reste 5 jours, accueillis par Dominique et Gilles dans leurs magnifique Riad « Abaca Dabra ». On profite de ces quelques jours de repos pour flâner dans les rues de Marrakech. Il est vraiment bon de se poser, mais décidément je préfère largement le calme et l’authenticité des campagnes aux grandes villes.

On reprend la route demain pour Casablanca. Les derniers jours de notre aventure marocaine, et aussi la fin de notre aventure en trio. Tatane continu sa route vers le Nord en direction de la Laponie, et Tom son tour du monde, cette fois accompagné de son frère. Quant à moi je m’envole vers Bangkok, j’ai rendez-vous avec mon cousin pour découvrir la Thaïlande et le Cambodge.

L’aventure continue…

 

Ce qu’on vit là est unique.




Les anecdotes

  • J’ai fêté mes 27 ans autour d’un bon thé marocain.
  • On a passé noël dans la tente, avec Pims chocolat blanc/cerise et tartines de nutella. Et vous ?
  • Tom et Tatane on courut dans les champs plusieurs fois par jours, PQ à la main, à cause d’une soucisse merguez [sic] pas cuite.
  • Tom inaugure la première crevaison du voyage, après 4300km.
  • Gaétan en arabe veut dire « tente », ça les fait beaucoup rire.