Désert sans faim Chine

Après 6 mois, je voyage, je change de cap. Je roule désormais plein ouest. Chaque kilomètre me rapproche un peu plus de la France. Mais la route est encore longue, très longue …

C’est finalement à Wuwei, à 300 km de Lanzhou, qu’on fait nos demandes d’extension de visa. 27 jours supplémentaires pour parcourir les 2300km qui nous séparent de la frontière. On repart plein ouest, et très vite un nouveau type de paysage se dessine autour de nous : la neige disparait, les montagnes se tassent, l’horizon s’éloigne pour laisser place au désert.

On roule sur des routes sans fin, traversant des no man’s land de plus en plus grands avec pour seule compagnie les nombreuses éoliennes disseminées le long du chemin. Nos journées sont longues, très longues !!! Trop longues même. On s’est fixé l’objectif d’atteindre Ürümqi en moins de 2 semaines, alors chaque jour on passe 7 à 9 heures, assis sur nos selles. On s’enfonce de plus en plus dans l’ennui et la monotonie du désert.

 

  On roule sur des routes sans fin, traversant des no man’s land de plus en plus grands




 

La route s’arrête. Désormais on n’a plus le choix, il nous faut prendre l’autoroute. Comme si ce désert n’était pas assez chiant. Pendant plus d’une semaine, on roule, mange et dort sur l’autoroute. Nos pauses sont dictées par les station-services tous les 20 à 80km. Paradoxal pour des voyageurs à vélo d’être si heureux à la vue d’une station-service. Ces longues distances de rien nous forcent à ressortir la tente, et on retrouve le plaisir simple du bivouac. Quel bonheur de planter sa tente, et de s’endormir sous un magnifique ciel étoilé.

PUTAIN de vent de face

Les éoliennes tournent à plein régime, l’endroit est parfait. Le vent souffle en continu, puissant, et rien pour freiner sa course. Il est indécis, et change de direction quand il le souhaite. Je l’aime autant que je le déteste. Certains jours on vole, en mode avion de chasse, les kilomètres défilent sous nos roues. Et certains jours on rame, en mode pédalo. Le vent de face rend fou, et l’insulter est inutile. On se fatigue pour rien, essayant tant bien que mal de défier les rafales de vent qui nous arrêtent sur place. Ce bruit incessant dans les oreilles me tape sur les nerfs. Dans ces moments je ne pense à rien, musique à fond dans les écouteurs. Ce n’est pas physiquement que c’est dur, mais moralement. Une chose est sûre je ne lâcherai pas, Tom et Marshall non plus. Ürümqi n’est plus très loin, patience on y est presque …




On atteint finalement Ürümqi après 1700km et 15 jours non-stop. ENFIN !!! Cette étape de désert a été vraiment épuisante. Moralement surtout. Peu de rencontres, toujours le même paysage, vélo, vélo, dodo. Bien sûr on aurait pu la sauter : faire du stop ou prendre un bus. Mais ça fait aussi partie du voyage. Vivre des moments difficiles et des moments chiants pour mieux apprécier les choses simples et les petits bonheurs du quotidien. L’école de la vie.

On reprend la route demain en direction du Kazakhstan. On est à environ 600km de la frontière et pour le coup on va devoir faire du stop. Le délai pour faire les visas kasaks ont été plus longs que prévu, et il nous reste seulement 2 jours sur nos visas chinois.

 



Les anecdotes

  • Il est possible de survivre en ne mangeant que des gâteaux secs, des nouilles chinoises et du YOP. Vive les prix exorbitants sur l’autoroute.
  • J’ai craqué et acheté du Nutella sur Ürümqi: apprécier les choses simples
  • Ma jante arrière est fissurée à 5 endroits depuis plus de 1000km, et il est impossible de trouver du 28 pouces en Chine. Prions que ça tienne jusqu’à Almaty (capitale du Kazakhstan)
  • Grosse série de crevaisons pour Tom & Marshall, 8 au total