Caucase et Cappadoce Géorgie et Turquie

Je continue mon petit bout de chemin à travers la Géorgie et la Turquie

Histoire de ne pas perdre de temps, je dors dans l’aéroport de Tbilissi, et au petit matin, je fuis la capitale en direction des montagnes du petit Caucase. En seulement 20km, me voilà déjà en plein milieu des collines et des champs, sous des allures de campagne française. Fidèle à moi-même, je choisi les petites routes, jusqu’à retrouver de la piste. Je passe des tout petits villages complètement déserts. Plus de 50% des maisons et des bâtiments semblent à l’abandon. Les nuages et la pluie qui me suivent depuis le début ne font qu’accentuer cette ambiance très « spéciale » d’ex-URSS.

Je quitte les collines, pour des plus grosses montagnes, et de nouveau je remonte au-dessus des 2000m d’altitude. Je passe un gros col, puis un deuxième suivi d’une descente dantesque dans la boue et les cailloux. Je ne suis vraiment pas gâté par les conditions mais au final je m’éclate bien. J’ai enfin trouvé un rythme « solo » qui me convient, je passe beaucoup moins de temps sur le vélo et profite plus de la journée. Je redescends de mes montagnes jusqu’à la Mer Noire. Gros changement d’ambiance : station balnéaire et plages bondées de touristes. Je prends même pas la peine de m’arrêter et fonce en direction de la Turquie pour des retrouvailles au sommet.

 

Les nuages et la pluie qui me suivent depuis le début ne font qu’accentuer cette ambiance très « spéciale » d’ex-URSS.






Comme pour la Géorgie, je passe le poste frontière sans problème. Juste un coup de tampon sur mon passeport et me voilà en Turquie. Mon programme est simple : je traverse en bus. Pourquoi ? Tout simplement car je manque de temps, et il me tient vraiment à cœur de rouler en Europe. En faisant le choix de traverser la Chine à vélo, je savais que je serais en retard sur mon « programme ».

Retrouvailles au sommet

Plutôt que de prendre un bus direct vers Istanbul, je fais un détour par la Cappadoce. J’ai rendez-vous avec Tom du Yolo Tour, mon pote avec qui j’ai roulé les 3 premiers mois de ce voyage. C’est tellement cool de se retrouver comme ça, au milieu de la Turquie, 6 mois plus tard. Gautier & Marcello. Après 1 jour de repos, on fait les sacs à dos et on part à l’assaut de la Cappadoce. On pose la tente sur les hauteurs, et c’est autour d’une bière et d’un super coucher de soleil qu’on fête les 25 ans de Tom. Au petit matin, on assiste au fameux ballet des montgolfières, vraiment magnifique.







En arrivant au Cappadoce, on ne voit que lui : un énorme sommet qui sort de nulle part au loin. Le mont Erciyes, un volcan inactif qui culmine à 3917m. Tentés par le défi, on laisse les vélos chez le couchsurfeur, et c’est en stop qu’on rejoint la station de ski Erciyes. On se pose à la tombée de la nuit, bivouac à 2700m. Réveil 5h, départ 6h. Histoire de gagner quelques kilos, on cache tentes, matelas, duvets, … Rien à craindre, on est seuls dans ces montagnes. Bien sûr, on ne s’est pas renseigné avant, et on part en direction de l’arrête nord. Après 4h d’effort, dommage. On est bloqué à 3400m, pas moyen d’aller plus loin.

Mais pas question d’abandonner comme ça, on redescend tout jusqu’au coin de bivouac, et on attaque cette fois par l’arrête sud. C’est de la caillasse, très pentu, mais on trouve finalement un chemin qui monte en zigzag, pour finalement courir le long de l’arrête. Malheureusement on n’atteindra pas le sommet, il faut être équipé en crampons/piolets pour les 200 derniers mètres. Mais on a de quoi être fiers, une bien jolie ascension et une bien belle récompense que ce point de vue. On savoure à peine l’instant qu’il est déjà temps de redescendre si on veut atteindre le bas de la station avant la nuit. Au final on aura marché près de 11h, et gravi près de 2 fois la montagne. Comme on dit, quand on n’a pas de cerveau, on a des jambes.

C’est à Nevsehir que nos chemins se séparent. Tom continue son tour du monde, et part en direction de l’Iran. Quant à moi je prends un bus pour Edirne, à 20km de la frontière Bulgare, et donc de l’Europe.






Les anecdotes

  • Passage des 15.000km en Géorgie
  • La spécialité culinaire : le Katchapouri m’a beaucoup aidé dans les montées. C’est basiquement du fromage et un œuf sur de la pâte à pain en forme de bateau. C’est bon, pas cher et ultra calorique, j’adore.
  • Première mauvaise expérience en Couchsurfing. A notre retour du mont Erciyes, on a eu la bonne surprise de se faire mettre à la porte car je cite : « Je ne vous aime pas, et je ne vous trouve pas intéressants ».
  • Le système de bus en Turquie est vraiment top et pas cher.