Auberge espagnol Laos & Chine

Je n’ai pas de plan fixe pour mon itinéraire de retour, je l’adapte en fonction de mes rencontres et de mes envies. Tom & Marshall me motivent à tenter le challenge de traverser la Chine.

Je reste 9 jours sur Vientiane. Pas de visites au programme, mais un max de rencontres. Français,  italien, lituanien, japonais, allemand, iranien réunit le temps d’une dernière soirée pizza/ukulélé. C’est en compagnie de Tom, un lituanien sur les routes depuis 10 mois, que je me remets en selle. Très vite on trouve notre rythme, la bonne ambiance règne, et c’est l’occaz pour moi d’améliorer mon anglais. Les paysages changent, petit à petit on pénètre dans les montagnes du nord laotiens. On rattrape Johnny, un chinois aussi à vélo depuis 10 mois et c’est tout naturellement à 3 qu’on attaque la grimpette en direction de Louang Prabang. On passe 2 cols réputés difficiles, notamment une section de 9km entre 12 et 14%, redoutable. Le dénivelé et le poids des vélos nous obligent à zigzaguer sur toute la largeur de la route, et on met plus de 2h30 à en venir à bout. On atteint Louang Prabang, dernière pause avant la Chine.

 

 C’est en compagnie de Tom, un lituanien, que je me remets en selle





 

On reste 3 jours, et là encore les rencontres s’enchainent : polonaise, suisse, allemand, américain, mais aussi et surtout Marshall, un kazak à vélo qui se rajoute à notre petit groupe. Reposés et motivés, on roule lentement en direction de la frontière, profitant de nos derniers jours au Laos. Histoire de gagner un jour sur nos visas chinois, on dort à une centaine de mètres de la frontière. Demain matin, au lever du jour on sera en Chine.

L’immense Chine

On a un mois de visa, renouvelable une fois, pour parcourir près de 6000km. Beaucoup de kilomètres, peu de temps, alors on choisit la route la plus directe. Une grosse route à travers les montagnes. Pendant deux jours on dépasse des tunnels terrifiants, certains complètement dans le noir, et s’étalant jusqu’à 3300m. C’est dangereux, mais pas vraiment le choix.

On accélère, tête baissée, on esquive la barrière, nous voilà désormais sur l’autoroute. On n’a pas le temps de dire ouf, que la police est déjà à nos trousses. Ils nous arrêtent dans une station-service, on s’en doutait, il nous est interdit de rouler. On reste bloqués près de 4h, attendant désespérément qu’un camion accepte de nous prendre. Finalement on arrive à grimper dans une benne, sans vraiment savoir où le conducteur va. Quoi qu’il arrive il va dans le bon sens, on verra bien. 3h durant, on se fait balloter. Une voiture de police nous dépasse, une autre s‘insère derrière nous. ça sent pas bon. Le camion freine brusquement et s’arrête sur le bas-côté. On se fait encercler par les flics, pistolet en joue (véridique). Comme dans les films, on se retrouve mains en l’air, surtout pas de mouvement brusque. On nous fait décharger les vélos, le camion repart, et on nous escorte jusqu’à la sortie la plus proche. Changement radical, maintenant c’est bon enfant, les flics nous prennent en photo, nous montrent le chemin à emprunter et on repart sous les « Nice to meet  you ». D’après ce qu’on nous a expliqué, il y a des problèmes de terrorisme dans la région du Yunnan. On nous a sûrement pris pour tels avec nos bandanas sur la bouche.





Nous voilà donc sur les petites routes en spaghettis. Le trajet est désormais 2 fois plus long que prévu, et il nous sera donc impossible de faire toute la Chine à vélo. Cependant c’est beaucoup plus agréable et je me plais vraiment à rouler dans ces routes de montagnes, entouré par ces champs en escalier. A chaque jour son lot de surprises et d’aventures. On dort dans des cages d’escaliers, des station-services ou à l’abri d’un préau d’école. On avale plus de 1000m de dénivelé positif par jour, et ni la pluie ni la boue ne nous arrêtent. On atteint Kunming après 2 grosses journées de 130 et 110km. Johnny nous a donné l’adresse d’une copine à lui qui tient une guesthouse, et peut nous accueillir gratuitement. L’endroit est super sympa, au 24ème étage d’un immeuble, complètement introuvable à moins de connaitre. Aucun touriste, que des jeunes chinois fraichement débarqués à Kunming pour chercher un emploi ou pour les études. Finalement c’est plus une grosse collocation qu’une guesthouse. Je persiste et signe, j’adore la Chine.

On quitte Kunming en Bus, en direction de Chengdu, histoire de rattraper notre retard et aussi avoir le temps de titiller les sommets à 4000m.

 







Les anecdotes

  • Le vrai prénom de Marshall est Marghzan, mais c’est vraiment trop chiant à prononcer.
  • Je me régale avec la bouffe chinoise, c’est bon, varié et pas cher.
  • Après 9000km de bons et loyaux services, je me suis resigné à changer ma chaine et ma cassette.